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Hydrogène

HY-FEN, HYnframed et GeoH2

Publié le : 02 Septembre 2026

HY-FEN, HYnframed et GeoH2, maillons essentiels de notre indépendance énergétique

HY-FEN, HYnframed, GeoH2 : que recouvrent ces noms et comment ces projets s’articulent-ils ? À l’approche de la concertation préalable sur HY-FEN, qui s’ouvrira le 28 septembre, cet article décrypte ces projets d’infrastructures de transport et de stockage de l’hydrogène, de Fos-sur-Mer à Manosque et jusqu’à la frontière allemande, ainsi que le rôle de Géométhane dans ce nouvel ensemble énergétique.

La réponse en 30 secondes

Trois fonctions pour comprendre l’essentiel.

HY-FEN

La grande dorsale hydrogène du Sud vers le Grand Est.

HYnframed

Le raccordement régional entre Fos-sur-Mer et Manosque.

GeoH2

La réserve souterraine de Géométhane dans deux cavités salines.

Carte du projet HY-FEN, canalisation d’hydrogène entre Fos-sur-Mer et la Moselle

HY-FEN, c’est quoi ?

HY-FEN est un projet de canalisation dédiée au transport de l’hydrogène entre Fos-sur-Mer et Erching, en Moselle, près de la frontière allemande. NaTran présente aujourd’hui un axe d’environ 820 kilomètres, traversant cinq régions (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est), avec une capacité maximale annoncée de 2 millions de tonnes par an. Sa mise en service est envisagée en 2032.

Ce projet n’est pas uniquement un pipeline de transit vers l’Allemagne. En effet, HY-FEN drainerait tout un écosystème énergétique européen, en reliant des producteurs d’hydrogène, des bassins industriels français et des stockages souterrains. À Fos-sur-Mer, il s’articulerait avec les réseaux du Sud de la France et, à terme, avec le pipeline BarMar (projet de hydrogénoduc offshore de 400 km qui relierait Barcelone – Espagne – à la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer). En Moselle, il connecterait le futur réseau allemand.

≈ 820 km
de Fos-sur-Mer à la Moselle
2 Mt/an
de capacité maximale annoncée
5 régions
concernées par le projet
2032
mise en service visée

Qu’est-ce que NaTran ?

NaTran est le nouveau nom de GRTgaz depuis janvier 2025. Principal opérateur du transport de gaz à haute pression en France, il exploite plus de 32 500 kilomètres de canalisations dans un cadre régulé et avec une mission de service public. NaTran ne produit ni ne vend d’hydrogène : il construit et exploite le réseau de pipelines qui relie producteurs, consommateurs et sites de stockage.

GeoH2, projet de stockage à Manosque

GeoH2 est le projet de Géométhane pour stocker de l’hydrogène dans deux cavités salines à Manosque. Le site compte neuf cavités : sept stockent du gaz naturel depuis 1993 et deux, aujourd’hui remplies de saumure, pourraient être adaptées à l’hydrogène.

Après les études, tests d’étanchéité et travaux nécessaires, ces cavités pourraient accueillir environ 6 000 tonnes d’hydrogène à l’horizon 2032. Ce stock tampon serait rempli lorsque l’hydrogène est disponible, puis mobilisé selon les besoins des acteurs régionaux.

Image du tracé du pipeline HYframed

Le projet HYnframed

Les cavités de stockage du projet GeoH2 ne seraient pas connectées directement à la grande dorsale HY-FEN. Le raccordement passerait par un autre pipeline de NaTran appelé HYnframed.

Ce réseau régional relierait le bassin industriel de Fos-sur-Mer et de l’étang de Berre au secteur de Manosque. C’est à Fos que HYnframed serait relié à HY-FEN. Autrement dit : HY-FEN assurerait l’axe national, HYnframed réaliserait le raccordement régional et GeoH2 stockerait l’hydrogène. NaTran vise actuellement 2031 pour un premier maillon de HYnframed et la fin de 2032 pour le raccordement de GeoH2.

L’idée à retenir

Sans réseau de transport, un stockage de grande capacité resterait isolé. Et sans stockage, un réseau serait moins capable d’absorber les écarts entre une production variable et les besoins continus de l’industrie.

Pourquoi ces projets sont-ils stratégiques ?

La souveraineté énergétique ne signifie pas produire toute notre énergie seuls. Elle consiste à réduire les dépendances subies, diversifier les sources d’approvisionnement et conserver la capacité d’alimenter les activités essentielles en cas de crise.

Pour la France et l’Europe, cette chaîne pourrait agir à trois niveaux :

  • remplacer une partie des énergies fossiles importées dans les secteurs industriels difficiles à électrifier directement ;
  • diversifier les ressources, entre production française, échanges européens et arrivée possible d’hydrogène renouvelable ibérique ;
  • sécuriser l’approvisionnement grâce aux interconnexions européennes et au stockage de Manosque.

Après la crise liée à sa dépendance aux combustibles fossiles russes, l’Union européenne a placé l’indépendance énergétique et la sécurité d’approvisionnement au cœur de REPowerEU. HY-FEN, HYframed et GeoH2 s’inscrivent dans cette recherche de résilience, de décarbonation et de compétitivité industrielle.

Participation du public

Qu’est-ce qu’une consultation publique ?

Une consultation publique permet aux citoyens, associations, collectivités et acteurs économiques de s’informer et de s’exprimer sur un projet avant sa réalisation.

Pour HY-FEN, chacun pourra poser des questions, donner son avis et proposer des adaptations concernant notamment son utilité, son tracé et ses impacts.

Les contributions seront consignées dans un bilan auquel NaTran devra répondre. Cette démarche éclaire la décision finale, mais ne constitue pas un vote.

Et GeoH2 ?

GeoH2 a déjà fait l’objet d’un débat public

Le projet GeoH2 a été présenté et discuté dans le cadre du débat public « Fos-Berre Provence, un avenir industriel en débat » qui s’est tenu du 2 avril au 13 juillet 2025. Les enseignements de ce débat sont désormais disponibles en ligne.


Consulter les enseignements du débat ↗

Participation du public à la concertation sur le projet HY-FEN

Trois projets, une même chaîne énergétique

Derrière les noms HY-FEN, HYnframed et GeoH2 se dessine donc une même logique : transporter, connecter et stocker l’hydrogène pour disposer demain d’un système énergétique plus flexible et plus résilient.

Ces infrastructures sont encore à l’état de projets et leurs caractéristiques peuvent encore évoluer. La concertation préalable sur HY-FEN, qui débutera le 28 septembre 2026, constitue justement une étape importante pour permettre à chacun d’en comprendre les enjeux, d’interroger les choix proposés et de contribuer au débat.